Cappy (Somme).
Une villa gallo-romaine isolée au milieu des grandes terres à blé. Son plan est identique à celui de Warfusée (Somme).
L'habitat gallo-romain : La villa gallo-romaine
Mais qu'est-ce qu'une villa ?
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Une villa gallo-romaine isolée au milieu des grandes terres à blé de la France du Nord. Une villa gallo-romaine n'est pas ce que nous appelons une "villa" à notre époque. Curieusement déjà dans l'Antiquité, le terme pouvait prêter à confusion, comme en témoigne la discussion sur le sens du mot dans le livre III du De re rustica de Varron. Il en ressort qu'une habitation, somptueuse ou non, ne peut être considérée comme "villa" que dans la mesure où "elle est le centre d'un domaine rural important et bien cultivé" (fundus). Une villa est, en principe, isolée dans la campagne.
Elle n'est qu'une grosse exploitation agricole au milieu de ses terres, ce que nous appelons aujourd'hui, une "grande ferme". Varron précise même, en plaisantant, qu'il doit "y avoir des ânes, des bœufs, du foin à sécher, des greniers pour les moissons, etc".
Toutefois, il semble que ce terme désignait surtout les plus riches
de ces établissements, particulièrement autour de Rome (S. Agache 1999).
A ce sujet, Pline l'Ancien ironise sur ces "luxueuses villas… où il y a plus à balayer qu'à labourer". Le terme de "villa" n'apparaît, à propos de la Gaule, que dans le récit des guerres de l'an 21 et de 70 après J.-C. chez Tacite.
César n'emploie jamais ce mot. Il parle, lui, d'aedificia. Pour le conquérant, le mot "villa" ne peut désigner une construction "barbare", mais uniquement une habitation élaborée, "civilisée", c'est-à-dire un établissement rural répondant aux normes romaines dans sa conception et son ordonnance parfaitement géométrique, pour son plan de masse comme pour la résidence du maître.


La grande villa gallo-romaine de Clairy-Saulchoix (Somme). Elle apparaît ici à la suite des labourages qui font resurgir ses lignes de fondations   La même villa, vue dans des conditions atmosphériques différentes et à contre jour. Seules les aires sombres, résultant de l'effondrement des murs en pisé, trahissent l'emplacement des diverses constructions.
La grande villa gallo-romaine de Clairy-Saulchoix (Somme). Elle apparaît ici à la suite des labourages qui font resurgir ses lignes de fondations.   La même villa, vue dans des conditions atmosphériques différentes et à contre jour.
Seules les aires sombres, résultant de l'effondrement des murs en pisé, trahissent l'emplacement des diverses constructions.

La villa obéit déjà à des règles architecturales de symétrie et surtout introduit la maçonnerie, tout au moins pour les fondations ; ce qui est tout à fait nouveau en Gaule. Bref, dès que les aedificia sont construits à la mode romaine (more romanorum), ils deviennent des villas, qui marquent ainsi l'empreinte et l'emprise de Rome dans les provinces conquises.
Elles sont, ici, le fondement même de la civilisation gallo-romaine et de la mise en valeur systématique des terres. Le terme "villa" est employé de manière abusive par certains archéologues, qui ont tendance à considérer comme "villa", tout emplacement circonscrit où l'on trouve, dans les champs, des débris de tuiles à rebord, des tessons de céramique et des monnaies.
Les découvertes de fondations géométriques et de moellons sont plus intéressantes même si, là encore, elles ne marquent pas nécessairement l'emplacement d'une villa. Elles peuvent révéler un simple locus, une grange, un sanctuaire ou encore un vicus.
Les photographies aériennes fournissent souvent un plan d'ensemble homogène et cohérent de substructions s'ordonnant géométriquement par rapport à une résidence élaborée, ce qui est caractéristique d'une villa. Toutefois, seules les fouilles apportent les précisions indispensables sur sa datation et les différentes étapes de ses remaniements.


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