Une ferme élémentaire
à Pont-Remy (Somme).
 
Petite villa avec galerie façade. L'habitation principale n'est guère plus grande que la petite maison moderne visible au premier plan à droite.
Mercatel (Pas-de-Calais).
 
Église (XIVe s.) et château (XVIIe s.) dans la Somme.
L'habitat gallo-romain : Le système de mise en valeur des terres
Les petites et moyennes villas
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Une ferme élémentaire à Pont-Remy (Somme).

Petite villa avec galerie façade. L'habitation principale n'est guère plus grande que la petite maison moderne visible au premier plan à droite. Mercatel (Pas-de-Calais).

Église (XIVe s.) et château (XVIIe s.) dans la Somme.
Il existe des villas aux dimensions plus petites. Presque toutes ont un plan de masse à peu près identique. La majorité est comprise entre 200 et 300 m. Cette longueur est déjà énorme. D'autres ne font que 100 à 200 m de longueur, ce qui est encore notable. Dans ces villas moyennes et petites, on retrouve les deux cours et presque toujours les deux habitations principales.
Les dépendances sont disposées de la même façon quand elles sont discernables. Dans 4 à 5 % des cas seulement, elles sont disséminées sans ordre apparent, mais s'agit-il alors réellement de villas ?
Enfin, il y a ce que les géographes appellent la "ferme élémentaire", c'est-à-dire la maison et la grange situées face à face, mais 75 % des villas implantées dans les terres à blé ont plus de 200 m. Il est vrai que ce sont celles qui risquent le moins d'échapper au prospecteur aérien.
Ce sont les plus vastes villas qui dominent, même si elles se sont agrandies progressivement pour atteindre leur taille au début du IIIe siècle, comme en témoignent les fouilles.

C'est la base même de la romanisation. C'est la réussite fondamentale de Rome par opposition aux villes dont les plans trop ambitieux avortent partiellement. Systématiquement implantées sur les terres les plus riches, selon les prescriptions des agronomes latins quant à l'organisation, l'orientation, l'implantation topographique et aussi au plan à deux cours, elles constituent le mode normal de mise en valeur des terres dans toute cette pars Galliarum planior.

C'est l'apogée et l'apothéose de la grande exploitation rurale où, fait rare, celle-ci et l'imposante habitation principale (véritable "château") forment un tout cohérent, conçu selon des principes architecturaux et qui est autant un monument de prestige qu'une source de revenus.
Par contre, dans les châteaux ruraux du XVIIe et XVIIIe siècle, la ferme seigneuriale est rejetée sur le côté avec des constructions généralement hétéroclites et désordonnées, alors que dans l'Antiquité, l'exploitation rurale est magnifiée : elle fait partie du même concept architectonique global, parfaitement géométrique. Le maître en tire gloire. Dans cette conception monumentale de la villa, on reconnaît une tendance latine à l'ostentation, à la mise en scène théâtrale, à la recherche de l'effet. La campagne est ainsi embellie car, pour Rome, la beauté est d'ordre mathématique. Là, comme ailleurs, la ligne droite va se substituer aux tracés curvilignes et aux entrelacs celtiques.


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