Les céréales jaunissent à l'emplacement des rues comme Louvet l'avait vu au sol, il y a près de quatre siècles, dans l'agglomération gallo-romaine près de Vendeuil-Caply (Oise).
 
Recherches archéologiques à Vendeuil-Caply vers 1800, comme on les pratiquait à l'époque de façon anarchique. Eau forte de Naudet.
 
Une lithographie de Daumier imaginant Nadar prenant des clichés en ballon. Archives photographiques du Ministère de la Culture et de la Communication.
Historique
Bien avant l'invention de l'avion...
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Emplacement des rues de l'agglomération gallo-romaine près de Vendeuil-Caply (Oise).

Recherches archéologiques à Vendeuil-Caply vers 1800. Eau forte de Naudet.

Nadar prenant des clichés en ballon. Lithographie Daumier, Ministère de la Culture et de la Communication.
Bien avant la photographie aérienne,
certains chercheurs avaient remarqué qu'à l'emplacement de vestiges enfouis, il pouvait y avoir des variations de teinte des sols et des cultures. Des phénomènes révélateurs de vestiges enfouis sont déjà mentionnés en France dans des publications à partir du XVIIe siècle : descriptions d'anomalies spécifiques révélant d'anciennes occupations humaines dans les landes et dans les zones non cultivées, qu'il s'agisse de taches d'humidité différentielles sur sols nus ou d'anomalies de la croissance des céréales. Ainsi, dans son "Histoire et Antiquitez du pays de Beauvaisis", paru en 1631, Louvet parle-t-il en ces termes de l'emplacement d'une ville romaine arasée à Vendeuil-Caply (Oise) :
"Quand cette campagne est ensemencée de bled, on y reconnoit encore le compassement et les endrois des rues où le bled est plus petit qu'es lieu où les maisons étoient bâties".
Il paraît évident que l'archéologie aérienne a pu naître seulement après que l'homme ait inventé les moyens de s'élever dans les airs et de s'y déplacer selon sa volonté. Les premières montgolfières remontent à 1783 et l'avion, aux environs de 1900. En fait, la vision aérienne ne deviendra une source d'informations scientifiques qu'à partir du moment où il sera possible de fixer les images. On doit attendre que Félix Tournachon, dit Nadar, après plusieurs essais infructueux, réussisse vers 1858 sa première photographie aérienne à 80 mètres au-dessus du Petit Clamart, dans la banlieue parisienne. Dès 1852, John Wise découvre en ballon aux Etats-Unis, dans l'Ohio, des traces de tumulus qu'il ne parvient pas à localiser, car la photographie aérienne n'existait pas encore !


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