Détection aérienne de
la villa de Roye (Somme).
 
Photo prise lors de la fouille.
Roye (Somme).
L'habitat gallo-romain :
De la ferme indigène à la villa : L'exemple de Roye (Somme)
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Détection aérienne de la villa de Roye (Somme).

Photo prise lors de la fouille. Roye (Somme).
Evolution d'un établissement rural
Deux villas ont été trouvées à l'Ouest de la ville, entre le passage du TGV et de l'autoroute A1, autour de la voie antique qui va d'Amiens à Soissons en passant par Noyon, près de la frontière des cités des Ambiens et des Viromanduens.

La première villa, la plus importante, a été découverte par photographie aérienne (Agache 1970, pl. 151, fig. 482) et a été fouillée sur 2 hectares par Jean-Luc Collart. On dispose de plans presque complets d'établissements agricoles qui se sont développés pendant près de cinq siècles au même endroit, dans des séries d'enclos successifs, datés de la fin de la période gauloise jusqu'à la période gallo-romaine, fin du IVe s. (Collart, 1996, pp. 172-137, fig. 4 à 6). Seule la partie orientale a été détruite par l'autoroute A1.
 
 

Les différents états observés par le fouilleur peuvent être résumés de la façon suivante :

Deux fermes gauloises tardives sont représentées par des systèmes d'enclos fossoyés. Un petit enclos curviligne de 1000 m2 environ (état 1) est inscrit dans un enclos sub-rectangulaire qui pourrait avoir près de 3800 m2.

A la phase suivante, l'espace est complètement remanié. Un grand enclos "ovalaire" de 150 m de longueur et 100 m de largeur entoure un enclos sub-rectangulaire de 5600 m2 (état 2). Deux portes d'entrées en "touches de palmer" permettaient d'accéder à la propriété. Ces tracés de fossés sont bien caractéristiques des nombreuses "fermes indigènes" vues d'avion.

On peut rapprocher ces ensembles des fermes du Pays de Caux où la cour est entourée d'un fossé quadrangulaire surmonté à l'intérieur d'un talus planté d'arbres. Des sépultures ont été trouvées au niveau de l'entrée orientale. L'enclos central de la ferme précédente est agrandi vers l'Est dans la première moitié du Ier s. après J.-C. (état 3). Une entrée est marquée au Nord par deux fossés obliques.

Des villas gallo-romaines sont matérialisées par des fondations de bâtiments, des fossés délimitant des enclos, des caves, des silos, des clôtures, des fosses et des trous de poteaux. Il y a peu de traces d'occupation jusqu'au milieu du 1er s. Les bâtiments à fondation de pierre sont difficiles à dater, mais ils ne seraient pas antérieurs au milieu du IIe s. Parmi les cinq constructions qui ont été relevées, on distingue le bâtiment résidentiel, un petit balnéaire, et un édifice avec cave (état 4).

A la transition du IIe au IIIe siècle, on élève un mur de clôture qui isole les trois premiers bâtiments de la pars urbana du reste de la pars rustica de la ferme (état 5).

Dans la première moitié du IIIe siècle, on reconstruit plus massivement le bâtiment résidentiel, le mur de clôture avec son petit porche d'entrée et le fossé de l'enclos.

Les phases d'occupations suivantes sont plus difficiles à dater en raison de l'arasement des structures. L'ensemble du site est abandonné vers 410 ap. J.-C.